L’IMAGE : Premier tour d’élection présidentielle en Algérie ce jeudi. Après plusieurs jours de campagne durant lesquels on ne l’a pas vu, ni même entendu une seule fois, le président algérien Abdelaziz Bouteflikha, candidat à sa propre succession pour un 4ème mandat, s’est fait le devoir d’aller voter. Ah quand même ! Il n’allait pas manquer une si bonne occasion de nous péter à la figure (excusez la grossièreté de l’expression), nous qui disions de lui qu’il n’était plus qu’une épave. Comme beaucoup d’autres, j’étais bien curieux de savoir comment son état major allait s’y prendre le jour du vote. J’attendais de le voir en personne et je l’ai vu...en fauteuil roulant, à moitié paralysé et le regard perdu, flanqué de deux éléments de sa garde rapprochée dont l’un était à la poussette. L’autre (ou c’est peut-être encore le même), avait visiblement pour mission de prendre les bulletins de vote à sa place et de s’engouffrer avec lui dans l’isoloir. C’est ce qu’il a fait. Au bout de quelques secondes, le rideau de l’isoloir se fend à nouveau et … tadaaaa ! Revoilà Bouteflikha et son lieutenant ou plutôt le lieutenant et son Bouteflikha. Le Chef de l’Etat algérien tenait un document dans sa main droite. La seule main qu’on a vu bouger depuis son entrée dans le bureau de vote. Et dire qu’il va rempiler ! Si si. Je vous jure sur sa tête qu’il sera réélu.

 L’INTERVIEW : Bienvenu Okiémy, ministre congolais de la communication sur Rfi ce matin. Sujet de l’entretien : la révision de la Constitution de la République du Congo d’ici à 2016. Il est allé exprimer tout le bien qu’il pense de ce chantier et battre en brèche les soupçons de l’opposition. Celle-ci voit derrière l’initiative, la main du Président Denis Sassou N’Guesso dont le dernier mandat aux termes de la Constitution prend fin en 2016 mais dont l’ambition de rempiler est un secret de polichinelle. Le cas du Congo Brazza ne serait pas une première, explique en quelque sorte Bienvenu Okiémy. « En France, la Constitution a été modifiée à vingt-quatre reprises. Aux Etats-Unis cette Constitution a été modifiée à quinze reprises », argumente l’invité de Christophe Boisbouvier, en se gardant bien de préciser que la constitution américaine date d’il y a plus de deux siècles et que le dernier amendement qu’il lui a été porté, remonte à 1967, sauf erreur de ma part. La Constitution du Congo Brazza, quant à elle, a tout juste 12 ans. Elle n’a connu qu’un président de la République depuis : Denis Sassou N’Guesso, élu pour 7 ans en 2002 et réélu en 2009. Il faut reconnaître que pour l’heure, aucun projet de révision de la Constitution ne circule en bonne et due forme dans le pays. (De ce point de vue, le Bénin aura pris une bonne longueur d’avance. Je ne m’en réjouis pas). Denis Sassou N’Guesso lui-même n’a encore jamais parlé de réforme constitutionnelle mais, scénario à la burkinabè, ses proches collaborateurs et des ténors du camp présidentiel ne se lassent pas de la réclamer à cor et à cri. Ils le font en leur nom propre, réagit Bienvenu Okiémy avant de poursuivre au micro de Christophe Boisbouvier : « Le débat sur la constitution ne doit pas être un tabou. Plutôt que de voir en la constitution  un texte figé, il convient de voir un texte dynamique, adaptable à l'évolution de la société congolaise. Il n'est donc pas interdit de vouloir faire le bilan de notre expérience constitutionnelle. »

Retrouvez l’intégralité de l’interview ici http://www.rfi.fr/emission/20140418-bienvenu-okiemy-ministre-communication-congo-sassou-constitution/

 Au Bénin, le débat reprendra bientôt de plus belle. Le projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990 est à l’ordre du jour de la session parlementaire qui s’est ouverte le 11 Avril à Porto-Novo.

Je suis tenté de conclure : « Ainsi va l’Afrique ! » mais non. Ce serait trop réducteur. Il y a forcément des situations beaucoup moins pitoyables qui ont cours ailleurs, sur mon continent.