Le reggaeman ivoirien va lancer à Paris un maxi single pour annoncer son nouvel album. Ça devrait être disponible sur le marché d’ici à la fin de l’année. J’ai écouté la nuit dernière ‘‘Devoir de mémoire’’, un titre fort engagé. Le mordu de reggae que je suis, a bu l’orchestration musicale d’un trait. Cependant, les paroles me sont restées au travers de la gorge. Serges Kassy chante : « Allez leur dire que c’est faux. Allez leur dire qu’ils ont menti. Gbagbo est un démocrate. Gbagbo n’est pas un dictateur. Il s’est battu pour le multipartisme en Côte d’Ivoire… ». Gbagbo, chantre de l’expression politique plurielle ? Validé. Il s’est en effet battu seul pour cette cause contre Houphouët et contre Ouattara. Le même Alassane Dramane Ouattara. Gbagbo n’est pas un dictateur ? Soit ! Même s’il est arrivé au pouvoir dans un contexte de troubles, il y est arrivé par les urnes. Puis il a passé une décennie à la tête du pays sans avoir eu à remettre quelque mandat en jeu. Les conditions n’étaient pas propices à l’organisation d’élection, soutenait-il. On lui aurait donné le bon Dieu sans confession à l’époque. Une époque bien tumultueuse. Il faudrait lui concéder que pour avoir accédé à la présidence dans des circonstances critiques, il a passé le clair de son temps à gérer des crises plutôt qu’à préparer des élections. Sauf que la suite des événements et sa fin de règne nous ont démontré qu’il n’a jamais eu envie de quitter le pouvoir. Et c’est ici que je refuse d’acheter le ‘‘Gbagbo démocrate’’ que Serges Kassy veut nous vendre. Un démocrate sait se sacrifier pour l’intérêt de la nation, Gbagbo n’était intéressé que par ses fonctions. Un démocrate sait perdre les élections, Gbagbo s’était interdit de reconnaître sa défaite. http://beninmondeactu.canalblog.com/archives/2010/12/08/19825260.html

Il n’y a pas à s’étonner qu’il ait fini là où il se trouve. A la barre et peut-être bientôt en taule ! Et Serges Kassy d’expliquer à Couleurs Tropicales sur Rfi qu’il n’y aura pas de réconciliation en Côte d’Ivoire sans la libération (et le retour au pays) de Laurent Gbagbo. C’est la ligne défendue par les pro-Gbagbo. Et c’en est un qui parle.

Personnellement, je ne pense pas que remettre Gbagbo en liberté soit un impératif, une condition sine qua non pour le succès du processus de réconciliation. En revanche, je reste persuadé qu’une justice à sens unique, qui pourchasse les pro-Gbagbo et ignore les pro-Ouattara comme c’est le cas en ce moment, est forcément une entrave à toute initiative de réhabilitation de la Côte d’Ivoire. http://beninmondeactu.canalblog.com/archives/2013/03/08/26595978.html

En attendant l’album de Serges Kassy. Il sent bon le chef d’œuvre ! Sincèrement.