Que se passe-t-il à la Société Béninoise d’Energie Electrique ? La parole de ses dirigeants est-elle encore digne d’une quelconque crédibilité ? Alors qu’ils nous ont assuré récemment que les inévitables coupures de courant sont opérées selon un plan de gestion équitable et drastique, la réalité est aujourd’hui tout autre..

2h ! C’est le temps maximal que devrait durer toute interruption dans la fourniture de l’énergie électrique partout où elle intervient dans la ville de Cotonou et ses environs. Partout sauf que curieusement, certains endroits de la capitale économique béninoise ne sont presque jamais dans l’obscurité. Mais passons !

2h et seulement une interruption par jour. C’est ce que nous avaient promis les responsables de la SBEE contre quoi nous devrions nous montrer compréhensifs, pourquoi pas solidaires de la situation de défaillance et d’incapacité dans laquelle végète la société.

Eh bien ! Ils nous ont fait conclure un marché de dupes. Le contrat auquel nous avons tacitement consenti, s’est révélé de la poudre jetée à notre visage. Car jusqu’ici, des quartiers de Cotonou et d’autres villes avoisinantes, continuent d’être régulièrement déconnectés du réseau électrique de la SBEE, maintes fois dans la même journée, nuit et jour, plus de 2h, 6h, 10h voire au-delà et surtout…sans préavis puisque la Société Béninoise d’Energie Electrique, nous a-t-on expliqué, préfère ne pas indiquer à l’avance les zones à priver de courant. Une précaution censée prévenir d’éventuels vils desseins d’individus mal intentionnés. Comme si cambrioler une maison, une boutique ; agresser un homme, une dame dans la rue prendrait des heures au cambrioleur ou à l’agresseur. Demandez son avis à Mangou, le coiffeur de mon quartier et il vous répond : fadaises ! Des voleurs lui ont déjà rendu plusieurs fois visite depuis qu’il est obligé de fermer quand il ne peut pas travailler dans le noir. Conséquence : Mangou doit maintenant camper la nuit dans la baraque qui lui sert de salon afin de sauver ce qu’il lui reste de coiffeur.

Chers béninois, ouvrez grand vos yeux et vous verrez, malgré l’absence de lumière, que le Bénin est dans la crise énergétique jusqu’au cou. Le délestage a pris ses quartiers dans nos appartements, dans nos commerces. L’horizon s’est obscurci. Mais cabri mort n’a pas peur de couteau. Pour en avoir vu d’autres, nous y sommes psychologiquement préparés depuis longtemps. La SBEE n’a donc plus à devoir nous l’annoncer, toute honte bue. Elle n’a plus qu’à nous concocter un bon plan de délestage comme à la bonne vieille époque et surtout qu’elle s’y tienne. Cela nous permettra de subir les désagréments avec moins d’anxiété et d’amertume.