Benin Monde Actualités

18 avril 2014

L’Afrique de ces dernières 48h en UNE image et UNE interview

L’IMAGE : Premier tour d’élection présidentielle en Algérie ce jeudi. Après plusieurs jours de campagne durant lesquels on ne l’a pas vu, ni même entendu une seule fois, le président algérien Abdelaziz Bouteflikha, candidat à sa propre succession pour un 4ème mandat, s’est fait le devoir d’aller voter. Ah quand même ! Il n’allait pas manquer une si bonne occasion de nous péter à la figure (excusez la grossièreté de l’expression), nous qui disions de lui qu’il n’était plus qu’une épave. Comme beaucoup d’autres, j’étais bien curieux de savoir comment son état major allait s’y prendre le jour du vote. J’attendais de le voir en personne et je l’ai vu...en fauteuil roulant, à moitié paralysé et le regard perdu, flanqué de deux éléments de sa garde rapprochée dont l’un était à la poussette. L’autre (ou c’est peut-être encore le même), avait visiblement pour mission de prendre les bulletins de vote à sa place et de s’engouffrer avec lui dans l’isoloir. C’est ce qu’il a fait. Au bout de quelques secondes, le rideau de l’isoloir se fend à nouveau et … tadaaaa ! Revoilà Bouteflikha et son lieutenant ou plutôt le lieutenant et son Bouteflikha. Le Chef de l’Etat algérien tenait un document dans sa main droite. La seule main qu’on a vu bouger depuis son entrée dans le bureau de vote. Et dire qu’il va rempiler ! Si si. Je vous jure sur sa tête qu’il sera réélu.

 L’INTERVIEW : Bienvenu Okiémy, ministre congolais de la communication sur Rfi ce matin. Sujet de l’entretien : la révision de la Constitution de la République du Congo d’ici à 2016. Il est allé exprimer tout le bien qu’il pense de ce chantier et battre en brèche les soupçons de l’opposition. Celle-ci voit derrière l’initiative, la main du Président Denis Sassou N’Guesso dont le dernier mandat aux termes de la Constitution prend fin en 2016 mais dont l’ambition de rempiler est un secret de polichinelle. Le cas du Congo Brazza ne serait pas une première, explique en quelque sorte Bienvenu Okiémy. « En France, la Constitution a été modifiée à vingt-quatre reprises. Aux Etats-Unis cette Constitution a été modifiée à quinze reprises », argumente l’invité de Christophe Boisbouvier, en se gardant bien de préciser que la constitution américaine date d’il y a plus de deux siècles et que le dernier amendement qu’il lui a été porté, remonte à 1967, sauf erreur de ma part. La Constitution du Congo Brazza, quant à elle, a tout juste 12 ans. Elle n’a connu qu’un président de la République depuis : Denis Sassou N’Guesso, élu pour 7 ans en 2002 et réélu en 2009. Il faut reconnaître que pour l’heure, aucun projet de révision de la Constitution ne circule en bonne et due forme dans le pays. (De ce point de vue, le Bénin aura pris une bonne longueur d’avance. Je ne m’en réjouis pas). Denis Sassou N’Guesso lui-même n’a encore jamais parlé de réforme constitutionnelle mais, scénario à la burkinabè, ses proches collaborateurs et des ténors du camp présidentiel ne se lassent pas de la réclamer à cor et à cri. Ils le font en leur nom propre, réagit Bienvenu Okiémy avant de poursuivre au micro de Christophe Boisbouvier : « Le débat sur la constitution ne doit pas être un tabou. Plutôt que de voir en la constitution  un texte figé, il convient de voir un texte dynamique, adaptable à l'évolution de la société congolaise. Il n'est donc pas interdit de vouloir faire le bilan de notre expérience constitutionnelle. »

Retrouvez l’intégralité de l’interview ici http://www.rfi.fr/emission/20140418-bienvenu-okiemy-ministre-communication-congo-sassou-constitution/

 Au Bénin, le débat reprendra bientôt de plus belle. Le projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990 est à l’ordre du jour de la session parlementaire qui s’est ouverte le 11 Avril à Porto-Novo.

Je suis tenté de conclure : « Ainsi va l’Afrique ! » mais non. Ce serait trop réducteur. Il y a forcément des situations beaucoup moins pitoyables qui ont cours ailleurs, sur mon continent.

 

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25 octobre 2013

Le retour pro-gbagbo de Serges Kassy.

Le reggaeman ivoirien va lancer à Paris un maxi single pour annoncer son nouvel album. Ça devrait être disponible sur le marché d’ici à la fin de l’année. J’ai écouté la nuit dernière ‘‘Devoir de mémoire’’, un titre fort engagé. Le mordu de reggae que je suis, a bu l’orchestration musicale d’un trait. Cependant, les paroles me sont restées au travers de la gorge. Serges Kassy chante : « Allez leur dire que c’est faux. Allez leur dire qu’ils ont menti. Gbagbo est un démocrate. Gbagbo n’est pas un dictateur. Il s’est battu pour le multipartisme en Côte d’Ivoire… ». Gbagbo, chantre de l’expression politique plurielle ? Validé. Il s’est en effet battu seul pour cette cause contre Houphouët et contre Ouattara. Le même Alassane Dramane Ouattara. Gbagbo n’est pas un dictateur ? Soit ! Même s’il est arrivé au pouvoir dans un contexte de troubles, il y est arrivé par les urnes. Puis il a passé une décennie à la tête du pays sans avoir eu à remettre quelque mandat en jeu. Les conditions n’étaient pas propices à l’organisation d’élection, soutenait-il. On lui aurait donné le bon Dieu sans confession à l’époque. Une époque bien tumultueuse. Il faudrait lui concéder que pour avoir accédé à la présidence dans des circonstances critiques, il a passé le clair de son temps à gérer des crises plutôt qu’à préparer des élections. Sauf que la suite des événements et sa fin de règne nous ont démontré qu’il n’a jamais eu envie de quitter le pouvoir. Et c’est ici que je refuse d’acheter le ‘‘Gbagbo démocrate’’ que Serges Kassy veut nous vendre. Un démocrate sait se sacrifier pour l’intérêt de la nation, Gbagbo n’était intéressé que par ses fonctions. Un démocrate sait perdre les élections, Gbagbo s’était interdit de reconnaître sa défaite. http://beninmondeactu.canalblog.com/archives/2010/12/08/19825260.html

Il n’y a pas à s’étonner qu’il ait fini là où il se trouve. A la barre et peut-être bientôt en taule ! Et Serges Kassy d’expliquer à Couleurs Tropicales sur Rfi qu’il n’y aura pas de réconciliation en Côte d’Ivoire sans la libération (et le retour au pays) de Laurent Gbagbo. C’est la ligne défendue par les pro-Gbagbo. Et c’en est un qui parle.

Personnellement, je ne pense pas que remettre Gbagbo en liberté soit un impératif, une condition sine qua non pour le succès du processus de réconciliation. En revanche, je reste persuadé qu’une justice à sens unique, qui pourchasse les pro-Gbagbo et ignore les pro-Ouattara comme c’est le cas en ce moment, est forcément une entrave à toute initiative de réhabilitation de la Côte d’Ivoire. http://beninmondeactu.canalblog.com/archives/2013/03/08/26595978.html

En attendant l’album de Serges Kassy. Il sent bon le chef d’œuvre ! Sincèrement.

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18 septembre 2013

Politique Pandemonium

Au regard des pratiques actuelles au Bénin, il paraît évident, qu’en définitive, la politique est aujourd’hui davantage une activité lucrative qu’autre chose; à l’image de ce que sont devenus beaucoup de secteurs qui n’ont pas vocation à promouvoir le profit individuel. Tenez ! Le journalisme par exemple.

 

Il se raconte, à raison, que la presse béninoise n’est plus qu’un fourre-tout, l’ultime refuge lorsqu’on a échoué partout ailleurs. En termes plus vulgaires, c’est là où il y a toujours une chance de s’en tirer à bon compte même en étant bon à rien. Il vous suffira d’être un peu cupide, insincère, opportuniste, sans scrupules.

La politique comme le journalisme. Même pipe, même tabac !

D’abord, mettons-nous d’accord. Point n’est besoin de sortir de Sciences Po, de l’ENA ou de Havard pour disposer d’une légitimité en politique et s’affubler du titre de politicien. Il faut en déduire que la carrière politique est avant tout une posture qui se construit sur des actes et sur la durée. C’est un parcours de combattant. C’est une question d’endurance dans le militantisme, un militantisme bâti sur un idéal, un idéal au service de la patrie et des compatriotes, un militantisme qui ne s’use pas à l’épreuve des échecs.

Fort de ce préalable, intéressons-nous aux discours de nos politiciens, à la qualité des débats qu’ils nous offrent. Observons les flux migratoires entre les partis politiques, entre l’opposition et la mouvance présidentielle. Regardons bien dans le lot de ce que le Bénin a compté et compte d’hommes politiques pour nous demander combien en sont arrivés là par conviction et par dévouement pour leur nation. Ils sont combien, nommés ou élus, dont la nomination ou l’élection est la reconnaissance d’un engagement citoyen avéré ?

Dans ce pays, faire la politique est de nos jours la chose la plus banale qui soit. De hauts cadres formés à grands frais dans les meilleures universités du monde, parce qu’ils ont goûté à la politique, en viennent à oublier que leur cursus académique les destine prioritairement à mettre leurs technicités à la disposition de la société. Un gâchis à bien y penser. Atchégbé, médecin de renom en exercice et l’opposant Tchégbéhounton se sont vus confier des postes de responsabilité par le pouvoir en place. Ils deviennent volontiers membres de la mouvance présidentielle. Le médecin cesse d’être médecin, se découvre des talents de politicien et chacun passe le clair de son temps en campagne pour le pouvoir jusqu’au jour où il est demis de ses fonctions. Il a beau essayer ensuite de démontrer au patron qu’il reste actif à ses côtés, l’ardeur ne dure que le temps que dure l’espoir de retourner aux affaires. C’est-à-dire rarement longtemps.

Il paraît qu’ailleurs la politique est un métier, qu’en Afrique, elle est une opportunité.

Sous nos cieux, la politique est en général un fond de commerce, un buffet libre-service et chacun y va de la taille de son ventre. On est politicien pour mieux faire chanter ceux qui sont au pouvoir, pour obtenir un poste et avoir le droit de s’en mettre plein les poches. L’environnement est tel qu’à ce jeu, les arrivistes n’échouent presque jamais. En journalisme, nous les appelons des journaleux. En politique, ce sont des politicards. A tous les coups, le peuple passe pour le dindon de la farce.

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10 juin 2013

Le conflit syrien : un os dans la gorge de la communauté internationale.

Bachar Al-Assad est prêt à tout pour garder le pouvoir. Ce n’est pas un scoop. La solide résistance armée qu’il oppose aux rebelles non moins solidement armés, la durée et les pertes en vies humaines qu’enregistre le conflit ont dissipé tout doute sur sa détermination ainsi que celle de ses ennemis à aller jusqu’au bout : la démolition totale ou la capitulation d’un camp ou de l’autre.

A l’allure où vont les choses, il est à présent une certitude que cela ne finira pas comme en Afrique du Nord et nous aurons en vain entrevu un remake parfait du scénario maghrébin. Aux débuts de la guerre syrio-syrienne, comme on l’appelle, beaucoup y avaient vu en effet une propagation du printemps arabe en territoire syrien, le féroce mouvement social qui a eu raison du régime de Ben Ali en Tunisie, de celui de Hosni Moubarak en Egypte et de Mouammar Kadhafi en Lybie, avec ici, une intervention armée à visage découvert de la « communauté internationale », menée par la France de Nicolas Sarkozy. Une dictature en péril est un poison mortel pour le peuple, ont décrété les « grands » de l’Occident, soutenus par quelques barons du Golfe qui ne sentent pas Bachar Al-Assad. Cette croyance, parfois insincère et sélective, qui passe pour un principe phare de la diplomatie internationale place inévitablement la Syrie dans le viseur des « grands » de ce monde, prêts à armer la rébellion, s’ils ne le font pas déjà, afin d’en finir avec un pouvoir oppresseur, le règne de Bachar Al-Assad. Heureusement ou malheureusement, chaque fois qu’ils ont tenté officiellement de prendre une telle initiative, devant l’ONU ou ailleurs, la Russie et la Chine (deux casse-pieds pas exempts de reproches) ont toujours été là pour contrecarrer leur plan. Pour combien de temps encore ?

Depuis peu, l’on soutient qu’Al-Assad a fait usage d’armes chimiques contre les mouvements rebelles qui veulent lui faire la peau. L’alerte est partie, en premier, de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), devenu par la force des armes, la principale source d’informations sur ce qui se passe à l’intérieur de la Syrie. Si l’alerte de l’OSDH se confirme, ce sera du pain béni pour ceux qui prônent la chute de l’homme fort de la Syrie. Et apparemment, c’est confirmé !

Aux dernières nouvelles, il y aurait eu usage de gaz sarin. (Le sarin est un puissant gaz neurotoxique, inodore et invisible. Outre son inhalation, le simple contact avec la peau de ce gaz bloque la transmission de l’influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire. La dose létale est d’un demi-milligramme pour un adulte. http://www.lesoir.be/255798/article/actualite/monde/2013-06-04/qu-est-ce-que-gaz-sarin). Des journalistes détiendraient des documents qui le prouvent. http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/05/la-france-confirme-deux-cas-d-utilisation-de-gaz-sarin-en-syrie_3424378_3210.html. En Europe, on se frotte les mains. Les Etats-Unis, par la voix de leur président, estiment que ce n’est pas suffisant pour justifier une action militaire en Syrie. Ce n’est pas la première fois que Barack Obama « déçoit » ses amis anti-Bachar. S’il les avait écoutés lorsque les rumeurs d’usage d’armes chimiques avaient commencé à circuler, des soldats américains seraient peut-être entrain de combattre en Syrie à l’heure actuelle, aux côtés des forces françaises, britanniques et autres. A ses amis anti-Bachar, Barack Obama avait dit qu’il voulait des preuves. Voilà qu’ils lui en ont trouvé (http://www.bfmtv.com/international/gaz-sarin-syrie-londres-a-preuves-physiologiques-530496.html) sans que sa position n’ait fondamentalement changé.

Chat échaudé craint l’eau froide. Le précédent irakien recommande une extrême prudence. La géopolitique de la région a beaucoup évolué depuis la visite de Georges Bush Jr à Saddam Hussein, il y a 10 ans.

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20 mars 2013

Le Bénin broie du noir

Que se passe-t-il à la Société Béninoise d’Energie Electrique ? La parole de ses dirigeants est-elle encore digne d’une quelconque crédibilité ? Alors qu’ils nous ont assuré récemment que les inévitables coupures de courant sont opérées selon un plan de gestion équitable et drastique, la réalité est aujourd’hui tout autre..

2h ! C’est le temps maximal que devrait durer toute interruption dans la fourniture de l’énergie électrique partout où elle intervient dans la ville de Cotonou et ses environs. Partout sauf que curieusement, certains endroits de la capitale économique béninoise ne sont presque jamais dans l’obscurité. Mais passons !

2h et seulement une interruption par jour. C’est ce que nous avaient promis les responsables de la SBEE contre quoi nous devrions nous montrer compréhensifs, pourquoi pas solidaires de la situation de défaillance et d’incapacité dans laquelle végète la société.

Eh bien ! Ils nous ont fait conclure un marché de dupes. Le contrat auquel nous avons tacitement consenti, s’est révélé de la poudre jetée à notre visage. Car jusqu’ici, des quartiers de Cotonou et d’autres villes avoisinantes, continuent d’être régulièrement déconnectés du réseau électrique de la SBEE, maintes fois dans la même journée, nuit et jour, plus de 2h, 6h, 10h voire au-delà et surtout…sans préavis puisque la Société Béninoise d’Energie Electrique, nous a-t-on expliqué, préfère ne pas indiquer à l’avance les zones à priver de courant. Une précaution censée prévenir d’éventuels vils desseins d’individus mal intentionnés. Comme si cambrioler une maison, une boutique ; agresser un homme, une dame dans la rue prendrait des heures au cambrioleur ou à l’agresseur. Demandez son avis à Mangou, le coiffeur de mon quartier et il vous répond : fadaises ! Des voleurs lui ont déjà rendu plusieurs fois visite depuis qu’il est obligé de fermer quand il ne peut pas travailler dans le noir. Conséquence : Mangou doit maintenant camper la nuit dans la baraque qui lui sert de salon afin de sauver ce qu’il lui reste de coiffeur.

Chers béninois, ouvrez grand vos yeux et vous verrez, malgré l’absence de lumière, que le Bénin est dans la crise énergétique jusqu’au cou. Le délestage a pris ses quartiers dans nos appartements, dans nos commerces. L’horizon s’est obscurci. Mais cabri mort n’a pas peur de couteau. Pour en avoir vu d’autres, nous y sommes psychologiquement préparés depuis longtemps. La SBEE n’a donc plus à devoir nous l’annoncer, toute honte bue. Elle n’a plus qu’à nous concocter un bon plan de délestage comme à la bonne vieille époque et surtout qu’elle s’y tienne. Cela nous permettra de subir les désagréments avec moins d’anxiété et d’amertume.

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