Non satisfait d’être le premier président « black » de la première puissance mondiale,  Barack Obama s’est offert un deuxième mandat à la tête des Etats-Unis. Ce pays où élire un noir à la maison blanche relevait pratiquement d’un mythe, jusqu’à une époque récente. Les larmes du Pasteur Jesse Jackson le 4 Novembre 2008, jour de l’élection de Barack Obama en disent long. Jesse Jackson avait été lui-même candidat aux primaires démocrates pour les présidentielles de 1984 puis celles de 1988. Il n’avait pas fait piètre figure mais ce n’était simplement pas possible. Et s’il espérait voir un des siens diriger un jour le pays de l’Oncle Sam, il ne pensait certainement pas que cela arriverait si tôt, en 2008. Barack Obama y croyait-il lui-même ? 

C’était donc un fait inédit. Un noir est élu président des Etats-Unis, avec la manière : 53% du suffrage universel et 365 grands électeurs contre 173 pour son adversaire John McCain. Il ne lui en fallait que 270. (Pour comprendre le mode d’élection du Président aux Etats-Unis : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202365532209-election-presidentielle-americaine-mode-d-emploi-507510.php) Cet écart aurait été beaucoup plus grand si le reste du monde avait pris part au vote. Tant Barack Obama jouissait d’une cote de popularité incroyable au plan international. La politique étrangère désastreuse de son prédécesseur pourrait en être pour quelque chose. Nous avions détesté l’avènement de Guantanamo, nous étions contre la guerre en Irak, nous avons été horrifiés par les mensonges et l’esprit revanchard de Georges Bush Jr., nous avons été tourné en bourrique : Saddam Hussein, tout dictateur sanguinaire qu’il était, n’a jamais détenu des armes de destruction massive. Tous les dirigeants qui avaient cautionné l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis sous Georges W. Bush se sont mordus le doigt plus tard. Tous ces facteurs qui constituaient de réelles chances de succès pour Barack Obama, ont pu aussi nous faire voir en lui, à cette époque, celui par qui tout le mal fait à la planète par les Etats-Unis sous Georges Bush fils sera exorcisé. On peut expliquer sa popularité internationale par le fait que les démocrates américains sont assimilés dans le monde à des forces politiques de gauche de part leur vision socialiste et anticapitaliste : favoriser l’essor de la classe moyenne ; taxer moins les pauvres et un peu plus les riches, avoir la dent dure contre le monde des finances. Cette vision-là plaît forcément au peuple.

Si nous nous entendons que la forte opinion favorable dont il jouissait au plan international, il y a 4 ans, a été forgée par la politique étrangère désastreuse de son prédécesseur, nous devons être également surpris que 4 ans plus tard, le monde est demeuré sous son charme quoique dans une moindre mesure (http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201204/19/01-4517095-la-popularite-de-barack-obama-a-letranger-sur-le-declin-revele-un-sondage.php) alors que son bilan en matière de politique étrangère est loin d’être élogieuse. Il n’a pas fermé Guantanamo, il n’a pas réglé le conflit israélo-palestinien, des soldats américains se trouvent toujours en Afghanistan. Bref, il n’a pas rendu le monde plus juste…

Il va sans dire alors que Barack Obama avait autre chose en plus qui nous accrochait, nous autres habitants de la terre, non américains.  Certains appelleront cette autre chose « Aura ». D’autres, « Charme ». D’autres encore parleront de « Charisme ». Ce dernier concept est celui que je préfère et la définition qu’en donne le site Wikipédia est assez juste à mes yeux.

« Le charisme est la qualité d'une personne qui séduit, influence, voire fascine les autres par ses discours, ses attitudes, son tempérament, ses actions. Un charisme puissant, c'est-à-dire fascinant, trouble et neutralise le jugement d'autrui ; c'est pourquoi on peut si aisément diriger, voire manipuler, les autres quand on a du charisme… Le charisme est souvent un don naturel ou une façon d'être, mais il est possible de travailler sur soi pour le développer. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Charisme_%28psychologie%29

Ma conviction profonde est que le charisme est forcément inné mais qu’il faut lui donner vie en le nourrissant. Ici, entrent en jeu l’intelligence, la personnalité, la stature de celui ou de celle qui le porte. C’est un peu comme un diamant brut. Il ne se présente sous ses beaux jours que lorsqu’on a fini de le tailler et de le polir.

Aux Etats-Unis, le charisme a un nom depuis 2008 : Barack Obama !