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Benin Monde Actualités

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18 avril 2014

L’Afrique de ces dernières 48h en UNE image et UNE interview

L’IMAGE : Premier tour d’élection présidentielle en Algérie ce jeudi. Après plusieurs jours de campagne durant lesquels on ne l’a pas vu, ni même entendu une seule fois, le président algérien Abdelaziz Bouteflikha, candidat à sa propre succession pour un 4ème mandat, s’est fait le devoir d’aller voter. Ah quand même ! Il n’allait pas manquer une si bonne occasion de nous péter à la figure (excusez la grossièreté de l’expression), nous qui disions de lui qu’il n’était plus qu’une épave. Comme beaucoup d’autres, j’étais bien curieux de savoir comment son état major allait s’y prendre le jour du vote. J’attendais de le voir en personne et je l’ai vu...en fauteuil roulant, à moitié paralysé et le regard perdu, flanqué de deux éléments de sa garde rapprochée dont l’un était à la poussette. L’autre (ou c’est peut-être encore le même), avait visiblement pour mission de prendre les bulletins de vote à sa place et de s’engouffrer avec lui dans l’isoloir. C’est ce qu’il a fait. Au bout de quelques secondes, le rideau de l’isoloir se fend à nouveau et … tadaaaa ! Revoilà Bouteflikha et son lieutenant ou plutôt le lieutenant et son Bouteflikha. Le Chef de l’Etat algérien tenait un document dans sa main droite. La seule main qu’on a vu bouger depuis son entrée dans le bureau de vote. Et dire qu’il va rempiler ! Si si. Je vous jure sur sa tête qu’il sera réélu.

 L’INTERVIEW : Bienvenu Okiémy, ministre congolais de la communication sur Rfi ce matin. Sujet de l’entretien : la révision de la Constitution de la République du Congo d’ici à 2016. Il est allé exprimer tout le bien qu’il pense de ce chantier et battre en brèche les soupçons de l’opposition. Celle-ci voit derrière l’initiative, la main du Président Denis Sassou N’Guesso dont le dernier mandat aux termes de la Constitution prend fin en 2016 mais dont l’ambition de rempiler est un secret de polichinelle. Le cas du Congo Brazza ne serait pas une première, explique en quelque sorte Bienvenu Okiémy. « En France, la Constitution a été modifiée à vingt-quatre reprises. Aux Etats-Unis cette Constitution a été modifiée à quinze reprises », argumente l’invité de Christophe Boisbouvier, en se gardant bien de préciser que la constitution américaine date d’il y a plus de deux siècles et que le dernier amendement qu’il lui a été porté, remonte à 1967, sauf erreur de ma part. La Constitution du Congo Brazza, quant à elle, a tout juste 12 ans. Elle n’a connu qu’un président de la République depuis : Denis Sassou N’Guesso, élu pour 7 ans en 2002 et réélu en 2009. Il faut reconnaître que pour l’heure, aucun projet de révision de la Constitution ne circule en bonne et due forme dans le pays. (De ce point de vue, le Bénin aura pris une bonne longueur d’avance. Je ne m’en réjouis pas). Denis Sassou N’Guesso lui-même n’a encore jamais parlé de réforme constitutionnelle mais, scénario à la burkinabè, ses proches collaborateurs et des ténors du camp présidentiel ne se lassent pas de la réclamer à cor et à cri. Ils le font en leur nom propre, réagit Bienvenu Okiémy avant de poursuivre au micro de Christophe Boisbouvier : « Le débat sur la constitution ne doit pas être un tabou. Plutôt que de voir en la constitution  un texte figé, il convient de voir un texte dynamique, adaptable à l'évolution de la société congolaise. Il n'est donc pas interdit de vouloir faire le bilan de notre expérience constitutionnelle. »

Retrouvez l’intégralité de l’interview ici http://www.rfi.fr/emission/20140418-bienvenu-okiemy-ministre-communication-congo-sassou-constitution/

 Au Bénin, le débat reprendra bientôt de plus belle. Le projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990 est à l’ordre du jour de la session parlementaire qui s’est ouverte le 11 Avril à Porto-Novo.

Je suis tenté de conclure : « Ainsi va l’Afrique ! » mais non. Ce serait trop réducteur. Il y a forcément des situations beaucoup moins pitoyables qui ont cours ailleurs, sur mon continent.

 

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25 octobre 2013

Le retour pro-gbagbo de Serges Kassy.

Le reggaeman ivoirien va lancer à Paris un maxi single pour annoncer son nouvel album. Ça devrait être disponible sur le marché d’ici à la fin de l’année. J’ai écouté la nuit dernière ‘‘Devoir de mémoire’’, un titre fort engagé. Le mordu de reggae que je suis, a bu l’orchestration musicale d’un trait. Cependant, les paroles me sont restées au travers de la gorge. Serges Kassy chante : « Allez leur dire que c’est faux. Allez leur dire qu’ils ont menti. Gbagbo est un démocrate. Gbagbo n’est pas un dictateur. Il s’est battu pour le multipartisme en Côte d’Ivoire… ». Gbagbo, chantre de l’expression politique plurielle ? Validé. Il s’est en effet battu seul pour cette cause contre Houphouët et contre Ouattara. Le même Alassane Dramane Ouattara. Gbagbo n’est pas un dictateur ? Soit ! Même s’il est arrivé au pouvoir dans un contexte de troubles, il y est arrivé par les urnes. Puis il a passé une décennie à la tête du pays sans avoir eu à remettre quelque mandat en jeu. Les conditions n’étaient pas propices à l’organisation d’élection, soutenait-il. On lui aurait donné le bon Dieu sans confession à l’époque. Une époque bien tumultueuse. Il faudrait lui concéder que pour avoir accédé à la présidence dans des circonstances critiques, il a passé le clair de son temps à gérer des crises plutôt qu’à préparer des élections. Sauf que la suite des événements et sa fin de règne nous ont démontré qu’il n’a jamais eu envie de quitter le pouvoir. Et c’est ici que je refuse d’acheter le ‘‘Gbagbo démocrate’’ que Serges Kassy veut nous vendre. Un démocrate sait se sacrifier pour l’intérêt de la nation, Gbagbo n’était intéressé que par ses fonctions. Un démocrate sait perdre les élections, Gbagbo s’était interdit de reconnaître sa défaite. http://beninmondeactu.canalblog.com/archives/2010/12/08/19825260.html

Il n’y a pas à s’étonner qu’il ait fini là où il se trouve. A la barre et peut-être bientôt en taule ! Et Serges Kassy d’expliquer à Couleurs Tropicales sur Rfi qu’il n’y aura pas de réconciliation en Côte d’Ivoire sans la libération (et le retour au pays) de Laurent Gbagbo. C’est la ligne défendue par les pro-Gbagbo. Et c’en est un qui parle.

Personnellement, je ne pense pas que remettre Gbagbo en liberté soit un impératif, une condition sine qua non pour le succès du processus de réconciliation. En revanche, je reste persuadé qu’une justice à sens unique, qui pourchasse les pro-Gbagbo et ignore les pro-Ouattara comme c’est le cas en ce moment, est forcément une entrave à toute initiative de réhabilitation de la Côte d’Ivoire. http://beninmondeactu.canalblog.com/archives/2013/03/08/26595978.html

En attendant l’album de Serges Kassy. Il sent bon le chef d’œuvre ! Sincèrement.

18 septembre 2013

Politique Pandemonium

Au regard des pratiques actuelles au Bénin, il paraît évident, qu’en définitive, la politique est aujourd’hui davantage une activité lucrative qu’autre chose; à l’image de ce que sont devenus beaucoup de secteurs qui n’ont pas vocation à promouvoir le profit individuel. Tenez ! Le journalisme par exemple.

 

Il se raconte, à raison, que la presse béninoise n’est plus qu’un fourre-tout, l’ultime refuge lorsqu’on a échoué partout ailleurs. En termes plus vulgaires, c’est là où il y a toujours une chance de s’en tirer à bon compte même en étant bon à rien. Il vous suffira d’être un peu cupide, insincère, opportuniste, sans scrupules.

La politique comme le journalisme. Même pipe, même tabac !

D’abord, mettons-nous d’accord. Point n’est besoin de sortir de Sciences Po, de l’ENA ou de Havard pour disposer d’une légitimité en politique et s’affubler du titre de politicien. Il faut en déduire que la carrière politique est avant tout une posture qui se construit sur des actes et sur la durée. C’est un parcours de combattant. C’est une question d’endurance dans le militantisme, un militantisme bâti sur un idéal, un idéal au service de la patrie et des compatriotes, un militantisme qui ne s’use pas à l’épreuve des échecs.

Fort de ce préalable, intéressons-nous aux discours de nos politiciens, à la qualité des débats qu’ils nous offrent. Observons les flux migratoires entre les partis politiques, entre l’opposition et la mouvance présidentielle. Regardons bien dans le lot de ce que le Bénin a compté et compte d’hommes politiques pour nous demander combien en sont arrivés là par conviction et par dévouement pour leur nation. Ils sont combien, nommés ou élus, dont la nomination ou l’élection est la reconnaissance d’un engagement citoyen avéré ?

Dans ce pays, faire la politique est de nos jours la chose la plus banale qui soit. De hauts cadres formés à grands frais dans les meilleures universités du monde, parce qu’ils ont goûté à la politique, en viennent à oublier que leur cursus académique les destine prioritairement à mettre leurs technicités à la disposition de la société. Un gâchis à bien y penser. Atchégbé, médecin de renom en exercice et l’opposant Tchégbéhounton se sont vus confier des postes de responsabilité par le pouvoir en place. Ils deviennent volontiers membres de la mouvance présidentielle. Le médecin cesse d’être médecin, se découvre des talents de politicien et chacun passe le clair de son temps en campagne pour le pouvoir jusqu’au jour où il est demis de ses fonctions. Il a beau essayer ensuite de démontrer au patron qu’il reste actif à ses côtés, l’ardeur ne dure que le temps que dure l’espoir de retourner aux affaires. C’est-à-dire rarement longtemps.

Il paraît qu’ailleurs la politique est un métier, qu’en Afrique, elle est une opportunité.

Sous nos cieux, la politique est en général un fond de commerce, un buffet libre-service et chacun y va de la taille de son ventre. On est politicien pour mieux faire chanter ceux qui sont au pouvoir, pour obtenir un poste et avoir le droit de s’en mettre plein les poches. L’environnement est tel qu’à ce jeu, les arrivistes n’échouent presque jamais. En journalisme, nous les appelons des journaleux. En politique, ce sont des politicards. A tous les coups, le peuple passe pour le dindon de la farce.

10 juin 2013

Le conflit syrien : un os dans la gorge de la communauté internationale.

Bachar Al-Assad est prêt à tout pour garder le pouvoir. Ce n’est pas un scoop. La solide résistance armée qu’il oppose aux rebelles non moins solidement armés, la durée et les pertes en vies humaines qu’enregistre le conflit ont dissipé tout doute sur sa détermination ainsi que celle de ses ennemis à aller jusqu’au bout : la démolition totale ou la capitulation d’un camp ou de l’autre.

A l’allure où vont les choses, il est à présent une certitude que cela ne finira pas comme en Afrique du Nord et nous aurons en vain entrevu un remake parfait du scénario maghrébin. Aux débuts de la guerre syrio-syrienne, comme on l’appelle, beaucoup y avaient vu en effet une propagation du printemps arabe en territoire syrien, le féroce mouvement social qui a eu raison du régime de Ben Ali en Tunisie, de celui de Hosni Moubarak en Egypte et de Mouammar Kadhafi en Lybie, avec ici, une intervention armée à visage découvert de la « communauté internationale », menée par la France de Nicolas Sarkozy. Une dictature en péril est un poison mortel pour le peuple, ont décrété les « grands » de l’Occident, soutenus par quelques barons du Golfe qui ne sentent pas Bachar Al-Assad. Cette croyance, parfois insincère et sélective, qui passe pour un principe phare de la diplomatie internationale place inévitablement la Syrie dans le viseur des « grands » de ce monde, prêts à armer la rébellion, s’ils ne le font pas déjà, afin d’en finir avec un pouvoir oppresseur, le règne de Bachar Al-Assad. Heureusement ou malheureusement, chaque fois qu’ils ont tenté officiellement de prendre une telle initiative, devant l’ONU ou ailleurs, la Russie et la Chine (deux casse-pieds pas exempts de reproches) ont toujours été là pour contrecarrer leur plan. Pour combien de temps encore ?

Depuis peu, l’on soutient qu’Al-Assad a fait usage d’armes chimiques contre les mouvements rebelles qui veulent lui faire la peau. L’alerte est partie, en premier, de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), devenu par la force des armes, la principale source d’informations sur ce qui se passe à l’intérieur de la Syrie. Si l’alerte de l’OSDH se confirme, ce sera du pain béni pour ceux qui prônent la chute de l’homme fort de la Syrie. Et apparemment, c’est confirmé !

Aux dernières nouvelles, il y aurait eu usage de gaz sarin. (Le sarin est un puissant gaz neurotoxique, inodore et invisible. Outre son inhalation, le simple contact avec la peau de ce gaz bloque la transmission de l’influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire. La dose létale est d’un demi-milligramme pour un adulte. http://www.lesoir.be/255798/article/actualite/monde/2013-06-04/qu-est-ce-que-gaz-sarin). Des journalistes détiendraient des documents qui le prouvent. http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/05/la-france-confirme-deux-cas-d-utilisation-de-gaz-sarin-en-syrie_3424378_3210.html. En Europe, on se frotte les mains. Les Etats-Unis, par la voix de leur président, estiment que ce n’est pas suffisant pour justifier une action militaire en Syrie. Ce n’est pas la première fois que Barack Obama « déçoit » ses amis anti-Bachar. S’il les avait écoutés lorsque les rumeurs d’usage d’armes chimiques avaient commencé à circuler, des soldats américains seraient peut-être entrain de combattre en Syrie à l’heure actuelle, aux côtés des forces françaises, britanniques et autres. A ses amis anti-Bachar, Barack Obama avait dit qu’il voulait des preuves. Voilà qu’ils lui en ont trouvé (http://www.bfmtv.com/international/gaz-sarin-syrie-londres-a-preuves-physiologiques-530496.html) sans que sa position n’ait fondamentalement changé.

Chat échaudé craint l’eau froide. Le précédent irakien recommande une extrême prudence. La géopolitique de la région a beaucoup évolué depuis la visite de Georges Bush Jr à Saddam Hussein, il y a 10 ans.

20 mars 2013

Le Bénin broie du noir

Que se passe-t-il à la Société Béninoise d’Energie Electrique ? La parole de ses dirigeants est-elle encore digne d’une quelconque crédibilité ? Alors qu’ils nous ont assuré récemment que les inévitables coupures de courant sont opérées selon un plan de gestion équitable et drastique, la réalité est aujourd’hui tout autre..

2h ! C’est le temps maximal que devrait durer toute interruption dans la fourniture de l’énergie électrique partout où elle intervient dans la ville de Cotonou et ses environs. Partout sauf que curieusement, certains endroits de la capitale économique béninoise ne sont presque jamais dans l’obscurité. Mais passons !

2h et seulement une interruption par jour. C’est ce que nous avaient promis les responsables de la SBEE contre quoi nous devrions nous montrer compréhensifs, pourquoi pas solidaires de la situation de défaillance et d’incapacité dans laquelle végète la société.

Eh bien ! Ils nous ont fait conclure un marché de dupes. Le contrat auquel nous avons tacitement consenti, s’est révélé de la poudre jetée à notre visage. Car jusqu’ici, des quartiers de Cotonou et d’autres villes avoisinantes, continuent d’être régulièrement déconnectés du réseau électrique de la SBEE, maintes fois dans la même journée, nuit et jour, plus de 2h, 6h, 10h voire au-delà et surtout…sans préavis puisque la Société Béninoise d’Energie Electrique, nous a-t-on expliqué, préfère ne pas indiquer à l’avance les zones à priver de courant. Une précaution censée prévenir d’éventuels vils desseins d’individus mal intentionnés. Comme si cambrioler une maison, une boutique ; agresser un homme, une dame dans la rue prendrait des heures au cambrioleur ou à l’agresseur. Demandez son avis à Mangou, le coiffeur de mon quartier et il vous répond : fadaises ! Des voleurs lui ont déjà rendu plusieurs fois visite depuis qu’il est obligé de fermer quand il ne peut pas travailler dans le noir. Conséquence : Mangou doit maintenant camper la nuit dans la baraque qui lui sert de salon afin de sauver ce qu’il lui reste de coiffeur.

Chers béninois, ouvrez grand vos yeux et vous verrez, malgré l’absence de lumière, que le Bénin est dans la crise énergétique jusqu’au cou. Le délestage a pris ses quartiers dans nos appartements, dans nos commerces. L’horizon s’est obscurci. Mais cabri mort n’a pas peur de couteau. Pour en avoir vu d’autres, nous y sommes psychologiquement préparés depuis longtemps. La SBEE n’a donc plus à devoir nous l’annoncer, toute honte bue. Elle n’a plus qu’à nous concocter un bon plan de délestage comme à la bonne vieille époque et surtout qu’elle s’y tienne. Cela nous permettra de subir les désagréments avec moins d’anxiété et d’amertume.

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8 mars 2013

Gbagbo égal à lui-même, Ouattara pour corriger le tir !

Il nous a manqué. Son assurance factice, son humour naturel, son français soigné mais soutenu par l’accent populaire d’Abidjan…tout ceci nous a manqué. Dans le différend qui l’oppose à la Cour Pénale Internationale (CPI), Laurent Gbagbo avait surement hâte de prendre la parole. Elle lui a été enfin accordée la semaine dernière, au terme de 10 jours d’audience pour juger de la pertinence d’ouvrir un procès à son encontre. Une démarche presque protocolaire à la CPI.

Costume impeccable, plutôt en superforme, Laurent Gbagbo avait l’air très à l’aise, dégageant une sérénité déconcertante. Les fausses apparences et la guerre psychologique, c’est son ‘‘truc’’. A ce jeu, il est difficilement prenable. Revoyez les images de son arrestation en Avril 2011, dans son bunker, au sous-sol de la présidence ivoirienne. Alors que quiconque à sa place aurait été ébranlé, lui était tranquille, maîtrisant presque totalement l’onde de panique qui altérait l’expression de son visage http://www.youtube.com/watch?v=QPTJ9tAW3NI. Sans doute, ne voulait-il pas paraître traumatisé. Il avait peut-être réussi son coup : ‘‘bluffer’’ ceux qui pouvaient encore l’être. Mais, croyez-en les spécialistes, il était loin d’être sain d’esprit à ce moment-là. Assurance factice donc !

Pour son retour devant les médias, Laurent Gbagbo a retrouvé son sens de la roublardise. Celle à bluffer cette fois : Fatou Bensouda, Procureur de la Cour Pénale Internationale. Il n’est pas impressionné qu’elle en ait vu d’autres. Face aux soupçons de crime contre l’humanité qui l’ont conduit à la CPI – soupçons que la dame de la Haye a eu tout le loisir de ressasser – le président déchu de la Côte d’Ivoire est resté imperturbable. Il a tout rejeté en bloc. On ne s’attendrait pas à ce qu’il se couche sans autre forme de procès. Tout de même, sa ligne de défense a de quoi interloquer.

Il se considère toujours comme le chef de l’Etat légitime de son pays. « Qui a gagné l’élection ? C’est ça le fond de la question » affirme-t-il.  Il se dit légaliste et démocrate. « Partout, en Côte d’Ivoire, et même en France, la France politique – on sait que je me suis toujours battu pour la démocratie », argumente-t-il. Et pan ! L’ancienne puissance coloniale en reprend plein la gueule au passage. Enfin, Laurent Gbagbo a toujours voué respect et soumission à la Constitution ivoirienne, à l’en croire. Allez-y comprendre que c’est lui le patriote, irréprochable et innocent, la sainteté incarnée et l’autre (Ouattara pour ne pas le nommer), le disciple du mal. Baramogo, quitte dans ça ! M’étais-je exclamé à une certaine époque. Le deuxième tour de l’élection présidentielle venait d’avoir lieu en Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo allait perdre le pouvoir mais il était loin de s’avouer vaincu. Contre tous et contre toutes les évidences, il a tenté de s’accrocher, à ses risques et périls.  http://beninmondeactu.canalblog.com/archives/2010/12/08/19825260.html.

Les juges de la Cour Pénale Internationale ne s’y tromperont pas. Le ‘‘Laurent Gbagbo’’ qu’ils ont vu devant eux récemment portait un masque. Le  portrait qu’il a peint de lui-même ne reflète pas tout à fait l’homme qu’il est en réalité, ou du moins l’homme qu’il nous a été donné de découvrir durant les périodes pré et post électorales en Côte d’Ivoire. Il s’est battu pour l’avènement de la démocratie en Côte d’Ivoire, c’est sûr. Le seul grain de sable dans la machine à broyer de Houphouët Boigny, c’était lui. Il a connu bastonnade et prison. Il a tant peiné à accéder au pouvoir qu’il a voulu, consciemment ou inconsciemment, ne plus jamais lâcher prise. Redevenir opposant, ce n’était pas envisageable. D’autant que celui qui s’apprêtait à lui succéder coûte que coûte, a été son bourreau, le bras opératoire de Houphouët par le passé. http://www.lefigaro.fr/international/2010/12/21/01003-20101221ARTFIG00545-gbagbo-ouattara-le-duel-des-faux-freres.php http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Actualite/Ouattara-et-Gbagbo-deux-hommes-que-tout-opposent-298065

Ne nous leurrons pas ! Les commentaires et les analyses ont beau le ménager, Alassane Dramane Ouattara, non plus, n’est pas un ange. Sa bataille pour la conquête du trône en fait, malgré lui, un chef de guerre. Il a dû opérer des alliances contre-nature, s’attacher les services de groupes rebelles, marcher sur des cadavres pour en être là où il est aujourd’hui et ça ne le dédouane nullement qu’il soit allé tout juste récupérer une victoire dont il a été dépossédé. Je veux bien accepter qu’il ne saurait être directement tenu pour responsable des tueries et autres atrocités commises par les éléments ayant combattu pour le triomphe de sa cause. Il n’empêche que des atrocités ont été commises. On ne gagne pas une guerre sans faire des victimes. Que personne de son camp n’ait été interpellé jusqu’à présent, ne serait-ce que devant les tribunaux ivoiriens, et que lui-même en reste bouche cousue ; il y a de quoi être offusqué.

Alassane Ouattara doit s’en convaincre. Le chemin qui mène à la réconciliation est bordé de ravins. Pour ne pas se retrouver dans le décor, il faudra tenir grand compte des balises : préférer le pardon à la revanche, l’amour à la haine, l’équité à la stigmatisation, le rassemblement à la division, la justice tout court à la justice des vainqueurs.

Sans oublier que Fatou Bensouda compte fouiner aussi du côté de ceux qui ont gagné la guerre et le pouvoir en Côte d’Ivoire, le monde attendra de voir. En tout cas, elle a du pain sur la planche. Pourvu qu’elle ne se fasse pas rouler dans la farine !

22 février 2013

Etat contrebandier !

L’on raconte souvent qu’au Bénin, l’essence vendue à la pompe ne serait pas très différente (en termes de qualité) de l’essence kpayo, exposée aux abords des axes routiers. La SONACOP aurait parfois recours au même marché d’approvisionnement que les contrebandiers pour remplir ses citernes en temps de disette. Des rumeurs ! Ça ne peut-être que çà, me dis-je. Comme les rumeurs qui voudraient que dans les stations-service, l’unité de mesure soit faussée à dessein pour gruger le client. Vous croyez acheter 1 litre de carburant ? On vous en aurait vendu un peu moins d’1 litre en réalité. Si j’en doute, les zémidjans de Cotonou, eux, en sont plus que persuadés. J’ai pu discuter du sujet avec quelques uns. Il n’y a rien à y faire. Ils ne sont pas près de changer d’avis. Le bon Dieu serait descendu les contredire qu’il n’aurait pas réussi.

Lorsque des autorités, des personnalités publiques n’ont pas une très bonne cote auprès de la population, elles se doivent d’inscrire la prudence au cœur de leurs actes et de leurs propos. C’est horripilant d’apprendre que l’essence de contrebande saisie par l’Etat béninois, à grand renfort militaire, est traitée, nous dit-on, et reversée dans les réservoirs de la SONACOP qui la revend à ses clients. 56% des recettes sont déposés dans les caisses de la Société, le reste va à l’Etat. Les Directeurs Généraux de la Douane et de la SONACOP sont venus nous l’expliquer, pensant sans doute qu’ils méritent notre admiration et notre encouragement. C’est à croire que les contrebandiers sont allés chercher leur ‘‘essence’’ dans les citernes de la Société Nationale de Commercialisation des Produits pétroliers. On n’est pas loin de ce qu’on qualifierait sous d’autres cieux, d’abus de confiance, voire de recel.

« Est-ce que ce monde est sérieux ? » chante Francis Cabrel. « Quel pays ! » s’étonne Johnny Hallyday, dans Diego libre dans sa tête. Est-ce que ce pays est sérieux ? Ai-je envie de m’interroger à mon tour. La faillite de la SONACOP serait-elle à ce point-là ? Quelle crédibilité pour la lutte contre le trafic du kpayo quand l’Etat se charge lui-même de nous refourguer le produit qu’il a confisqué sur le marché noir ? Plus j’y réfléchis, plus j’en perds mon latin. Mais c’est entendu !

Désormais, ne soyons plus étonnés qu’il se raconte ce qui se raconte sur la SONACOP. Ne soyons plus surpris que le degré de fiabilité de nos entreprises publiques et de leurs responsables s’érode au jour le jour, à l’épreuve de rumeurs persistantes et dégradantes.

Il n’y a pas de fumée sans feu.

22 janvier 2013

Le charisme ne compte pas pour du beurre.

Non satisfait d’être le premier président « black » de la première puissance mondiale,  Barack Obama s’est offert un deuxième mandat à la tête des Etats-Unis. Ce pays où élire un noir à la maison blanche relevait pratiquement d’un mythe, jusqu’à une époque récente. Les larmes du Pasteur Jesse Jackson le 4 Novembre 2008, jour de l’élection de Barack Obama en disent long. Jesse Jackson avait été lui-même candidat aux primaires démocrates pour les présidentielles de 1984 puis celles de 1988. Il n’avait pas fait piètre figure mais ce n’était simplement pas possible. Et s’il espérait voir un des siens diriger un jour le pays de l’Oncle Sam, il ne pensait certainement pas que cela arriverait si tôt, en 2008. Barack Obama y croyait-il lui-même ? 

C’était donc un fait inédit. Un noir est élu président des Etats-Unis, avec la manière : 53% du suffrage universel et 365 grands électeurs contre 173 pour son adversaire John McCain. Il ne lui en fallait que 270. (Pour comprendre le mode d’élection du Président aux Etats-Unis : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202365532209-election-presidentielle-americaine-mode-d-emploi-507510.php) Cet écart aurait été beaucoup plus grand si le reste du monde avait pris part au vote. Tant Barack Obama jouissait d’une cote de popularité incroyable au plan international. La politique étrangère désastreuse de son prédécesseur pourrait en être pour quelque chose. Nous avions détesté l’avènement de Guantanamo, nous étions contre la guerre en Irak, nous avons été horrifiés par les mensonges et l’esprit revanchard de Georges Bush Jr., nous avons été tourné en bourrique : Saddam Hussein, tout dictateur sanguinaire qu’il était, n’a jamais détenu des armes de destruction massive. Tous les dirigeants qui avaient cautionné l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis sous Georges W. Bush se sont mordus le doigt plus tard. Tous ces facteurs qui constituaient de réelles chances de succès pour Barack Obama, ont pu aussi nous faire voir en lui, à cette époque, celui par qui tout le mal fait à la planète par les Etats-Unis sous Georges Bush fils sera exorcisé. On peut expliquer sa popularité internationale par le fait que les démocrates américains sont assimilés dans le monde à des forces politiques de gauche de part leur vision socialiste et anticapitaliste : favoriser l’essor de la classe moyenne ; taxer moins les pauvres et un peu plus les riches, avoir la dent dure contre le monde des finances. Cette vision-là plaît forcément au peuple.

Si nous nous entendons que la forte opinion favorable dont il jouissait au plan international, il y a 4 ans, a été forgée par la politique étrangère désastreuse de son prédécesseur, nous devons être également surpris que 4 ans plus tard, le monde est demeuré sous son charme quoique dans une moindre mesure (http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201204/19/01-4517095-la-popularite-de-barack-obama-a-letranger-sur-le-declin-revele-un-sondage.php) alors que son bilan en matière de politique étrangère est loin d’être élogieuse. Il n’a pas fermé Guantanamo, il n’a pas réglé le conflit israélo-palestinien, des soldats américains se trouvent toujours en Afghanistan. Bref, il n’a pas rendu le monde plus juste…

Il va sans dire alors que Barack Obama avait autre chose en plus qui nous accrochait, nous autres habitants de la terre, non américains.  Certains appelleront cette autre chose « Aura ». D’autres, « Charme ». D’autres encore parleront de « Charisme ». Ce dernier concept est celui que je préfère et la définition qu’en donne le site Wikipédia est assez juste à mes yeux.

« Le charisme est la qualité d'une personne qui séduit, influence, voire fascine les autres par ses discours, ses attitudes, son tempérament, ses actions. Un charisme puissant, c'est-à-dire fascinant, trouble et neutralise le jugement d'autrui ; c'est pourquoi on peut si aisément diriger, voire manipuler, les autres quand on a du charisme… Le charisme est souvent un don naturel ou une façon d'être, mais il est possible de travailler sur soi pour le développer. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Charisme_%28psychologie%29

Ma conviction profonde est que le charisme est forcément inné mais qu’il faut lui donner vie en le nourrissant. Ici, entrent en jeu l’intelligence, la personnalité, la stature de celui ou de celle qui le porte. C’est un peu comme un diamant brut. Il ne se présente sous ses beaux jours que lorsqu’on a fini de le tailler et de le polir.

Aux Etats-Unis, le charisme a un nom depuis 2008 : Barack Obama !

19 novembre 2012

Présidentielle à l’UMP : exemple et contre-exemple pour l’Afrique

Lorsqu’en novembre 2007, Jean Marie Le Pen, seul candidat en lice, fut reconduit à la tête du Front National avec près de 98% des voix des militants, un journaliste de Canal+ dans un reportage diffusé sur les antennes du groupe, a parlé de « score de chef d’Etat africain », pour qualifier le plébiscite de celui dont la fille a pris la relève aux commandes du parti d’extrême-droite. A l’époque, cette allusion du journaliste m’avait profondément déplu voire choqué et je n’avais pas manqué de le faire savoir à Canal+ par les moyens à la disposition du simple téléspectateur que j’étais. Parce que les scores fleuve aux élections ne sont pas une spécificité africaine. Jacques Chirac, au second tour de la présidentielle de 2002 a été élu par plus 87% des français contre le reste pour son étonnant adversaire d’alors, Jean-Marie Le Pen. Tous les présidents africains ne parviennent pas au pouvoir avec 98% ou 87% du suffrage exprimé. Qu’il y ait un tel écart ne suppose pas forcément que les règles du jeu démocratique ont été foulées au pied. Au Bénin, Boni Yayi a « proprement » battu Adrien Houngbédji au second tour, 75%-25%. Tout dépend de la dynamique créée autour du candidat. Enfin, ce n’est pas dans tous les pays africains que la gestion du pouvoir d’Etat ou du parti politique est une affaire de clan.

En somme, je déteste qu’en Occident, l’on cite l’Afrique pour toute référence, dès lors qu’on veut évoquer les tares et les singularités dont l’exercice de la démocratie peut souffrir parfois. Et pourtant, dimanche dernier, je me suis cru un instant dans mon cher et beau pays ou dans l’un de ses voisins immédiats ou lointains d’Afrique, à force d’écouter les plaintes, protestations et revendications de Jean-François Copé, de François Fillon et leurs soutiens respectifs, au terme de l’élection qui devrait permettre à l’UMP de se donner un chef. Je maintiens qu’en matière de processus électoral bancal, de contestations de vote et de revendications tous azimuts de victoire, l’Afrique n’est pas la seule référence dans le monde. Le problème du continent africain, c’est que dans bien des contrées, il y a bien trop souvent de frustrations, de dénonciations de fraudes et de soulèvements engendrés par des processus électoraux dont la fiabilité n’est jamais totalement garantie. Nous y sommes habitués. Nous sommes habitués à nous entredéchirer au soir de chaque élection et à applaudir celles qui ont lieu aux Etats-Unis ou en France, à telle enseigne que cela sonne systématiquement faux à nos oreilles, comme un lapsus, quand on nous dit que les tout-puissants de cette planète doivent eux-aussi faire face à des couacs, un peu à l’image des incertitudes qui ont conduit au recomptage manuel des bulletins de vote en Floride, au pays de l’Oncle Sam en 2000. http://www.ina.fr/fresques/jalons/fiche-media/InaEdu04598/le-probleme-du-decompte-des-voix-a-l-election-presidentielle-americaine-en-2000.html?video=InaEdu04598

En France, ce que nous offre à voir et à entendre l’élection du prochain chef de l’UMP ne relève pas moins de l’inédit, même si cela reste un scrutin pour désigner un président de parti et non un président de la République. Pour autant, l’UMP, l’une des deux plus importantes formations politiques de la France, en prenant l’initiative de soumettre le choix de son premier responsable au vote des militants, avait le devoir de prouver sa maturité, d’établir sa grandeur. Elle est plutôt passée à côté, incapable d’organiser une élection correcte avec seulement deux candidats et 300.000 votants. La courtoisie et le respect mutuel ont déserté le forum. Les deux camps protagonistes s’envoient des inimitiés, à satiété. La presse française craint une répétition de la guerre fratricide Jacques Chirac Vs Edouard Balladur qui décima le RPR entre 1993 et 1995. Jean-François Copé et François Fillon vont avoir beau fumer le calumet de la paix, une fois le vainqueur adoubé par la commission électorale, l’histoire n’oubliera pas le spectacle peu honorable dont ils auront été, avec leurs alliés de l’UMP, les acteurs principaux.

Il est bon de vouloir pratiquer la démocratie à la base, encore faut-il s’y préparer pour ne pas y laisser son honneur. Si, du point de vue de la fiabilité du processus électoral, l’Afrique a du chemin à faire, la France n’est-elle pas censée être déjà arrivée à destination ?

5 novembre 2012

L’inintelligible posture de Houngbédji

S’il y a une chose qu’on lui a souvent reproché sous l’ère du renouveau démocratique au Bénin, c’est sa versatilité, son inconstance en politique. On déplore qu’il soit tantôt ici, tantôt ailleurs. Ce qui lui a valu chez certains de ses compatriotes, le surnom « Amassè », en référence à ce serpent à deux têtes qui, d’un coup, peut vous mordre de part et d’autre. Le « Amassè » ne va pas tout à fait droit devant lui. Il est difficile de suivre ses traces. Un quidam ne peut l’éliminer sans y laisser sa peau ou sans en porter les séquelles à vie. Il faut être chasseur futé pour se rendre capable d’un tel exploit. Ainsi parlait ma grand’mère.

En effet, nous ne sommes pas habitués à voir Maître Adrien Houngbédji se donner une ligne politique et s’y tenir sur le long terme. Ce n’est surement pas de son plein gré. C’est par la force des choses, dirions-nous. Son cas n’est surement pas unique mais nous parlons de Maître Adrien Houngbédji, un homme dont l’envergure et par conséquent les prises de position ont au moins une fois déjà modifié le cours de l’histoire politique du Bénin. Sans parti pris, je suis de ceux qui pensent que Nicéphore Soglo aurait rempilé en 1996 si Adrien Houngbédji, arrivé alors 3è au 1er tour de la présidentielle, n’avait pas appelé à voter pour le Général Mathieu Kérékou contre un poste de premier ministre qu’il quittera au bout de deux ans, fâché et frustré.

D’aucuns estiment, à tort ou à raison, que cet appel en faveur de Kérékou il y a 16 ans fut une erreur politique dont il continue de payer les frais. http://www.lanouvelletribune.info/index.php/politique14/4847-pardon-de-houngbedji-a-soglo

En 2001, alors qu’il avait l’occasion de prendre sa revanche sur Kérékou au second tour de l’élection présidentielle de cette année-là, il préféra faire comme Nicéphore Soglo, classé 2è, c’est-à-dire refuser d’affronter le Général Caméléon, dénonçant des fraudes massives lors du 1er tour du scrutin. http://www.rfi.fr/actufr/articles/015/article_6917.asp

En 2006, lorsqu’il a eu besoin de fédérer la classe politique autour de sa candidature, la classe politique, elle, n’avait d’yeux que pour son challenger. Conséquence : il s’est fait écraser par Boni Yayi, « l’intrus ». En revanche, à l’élection présidentielle de 2011, la même classe politique, déçue entre-temps par Boni Yayi, était bien à ses côtés  http://beninmondeactu.canalblog.com/archives/2010/10/25/19421646.html. Hélas pour lui! C’était trop tard. L’intrus avait pris ses quartiers et ils ont échoué à le déloger.

La suite ? Nous y sommes !

La coalition U.N (Union fait la Nation), censée aider Adrien Houngbédji à conquérir le pouvoir en 2011, s’effrite. La Renaissance du Bénin quitte le navire pour le camp présidentiel. Cette volte-face passe mal au sein du groupe et donne lieu à des accusations réciproques de mesquinerie et de traîtrise. Ensuite, c’est le PRD de Houngbédji qui claque la porte de l’Union fait la Nation pour devenir un parti d’opposition, toutes formalités dûment remplies. Nous venions d’avoir la première formation politique de l’opposition au Bénin, du moins, officiellement.

Aujourd’hui, que reste-t-il de ce statut que le PRD s’était librement donné ?

Le parti demeure dans l’opposition, nous dit-on. Tout de même ! Remarquez qu’on le clame moins fort qu’il y a quelques mois. Par ailleurs, les attitudes dont les lieutenants tchocos-tchocos ont fait montre ces derniers temps donnent le tournis à qui tente d’y comprendre quelque chose. Voici trois éléments, entre autres, qui m’amènent à de telles opinions :

-           Début Septembre 2012. L’université de vacances du PRD. Au menu des assises : la campagne cotonnière 2012-2013 et le Programme de Vérification des Importations (PVI Nouvelle Génération). Au rang des personnalités invitées à en parler, figuraient des membres du gouvernement, venus entretenir les militants sur les gages de succès de ces deux axes majeurs des réformes de Boni Yayi. Avant l’université de vacances du PRD, les deux sujets (Coton et PVI) avaient suffisamment agité la presse nationale, entre communication gouvernementale à tout va, réserves de l’opposition (U.N et PRD inclus) et grogne de douaniers mécontents. Je doute qu’après ce tapage médiatique, il y ait des béninois, militants du PRD soient-ils, qui ne sachent rien, à ce moment-là, des forces et faiblesses du Programme de Vérification des Importations et de la campagne cotonnière. En tout cas, les positions des uns et des autres étaient connues de tous.

 

-           Deuxième élément. La démission du député Atao Hinnouho du Parti du Renouveau Démocratique, qui suppose que le groupe parlementaire PRD vole en éclat à tout moment parce qu’il ne compterait plus assez de députés. Pour y remédier, le parti est prêt à accepter le coup de main de la mouvance présidentielle, elle-même disposée à lui fournir éventuellement le nombre de députés qu’il lui faudrait pour rester un groupe parlementaire.

 

-           Troisième élément, celui-ci plus récent : la réaction du PRD, portée par Adrien Houngbédji en personne, au sujet de la présumée tentative d’empoisonnement du Chef de l’Etat. Pour résumer, lui et ses bras droits disent qu’ils font confiance à la justice béninoise pour tirer l’affaire au clair, appellent au respect de la présomption d’innocence pour les mis en cause mais en même temps, expriment leurs compassions au Président de la République. http://www.lanouvelletribune.info/index.php/actualite/une/12592-houngbedji-exprime-sa-compassion-a-yayi

Quelles compassions pour quels motifs ? Alors qu’ils ont reconnu que la lumière est à faire sur le dossier, que Talon, Moudjaïdou et Compagnie sont innocents jusqu’à ce que leur culpabilité soit prouvée devant la justice. On en était à ce stade de questionnement quand, cerise sur le gâteau, Adrien Houngbédji et ses proches collaborateurs sont allés voir le Chef de l’Etat à son cabinet, tout sourire. Nous sommes au lendemain de leur déclaration. Ils n’ont pipé mot à leur sortie de la présidence de la République mais on imagine qu’il a été question de réitérer, de vive voix, leurs compassions au Président Boni Yayi.

Donc à quoi joue le Parti du Renouveau Démocratique ? (Seul parti d’opposition au Bénin, au regard des textes officiels en la matière, rappelez-vous).

Mes conjectures :

-           Houngbédji s’amuse à rendre folle de rage et d’inquiétudes la Renaissance du Bénin pas encore bien assise au sein de la majorité présidentielle. Une sorte de bras d’honneur à un ex-allié qui n’en a jamais été un, en réalité.

 

-           Le PRD joue à prendre, sur un air de vengeance, le contre-pied de l’Union fait la Nation qui, on le sait, ne croit guère à la tentative d’assassinat de Boni Yayi par l’homme d’affaires Patrice Talon. http://www.lanouvelletribune.info/index.php/actualite/annonce/12561-la-reaction-de-l-union-fait-la-nation-a-l-affaire-de-la-tentative-d-empoisonnement-du-chef-de-l-etat

 

-           Le PRD est à la manœuvre pour s’éviter une probable débâcle aux élections municipales et communales à venir. Avec le K.O de Boni Yayi à la présidentielle de 2011 et la poussée territoriale des FCBE aux dernières législatives, on ne peut plus jurer de rien. Même Porto-Novo pourrait prochainement passer sous la tutelle du pouvoir. Peu importera la manière !

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